Présentation de la Thèse CIFRE en cours :

Où vivre en France à l’horizon 2050 ?

Quelles stratégies résidentielles mettre en œuvre face au risque inondation en France métropolitaine ?

Directeur de Thèse : Johnny Douvinet, PR Géographie

UMR ESPACE – 7300 CNRS

Responsable dans l’entreprise : François Lavessière, Directeur d’Altermap

Doctorante : Auriane Chelle

Éléments de contexte

Le dérèglement climatique est à l’origine d’une modification de la fréquence, de l’intensité et des conséquences des événements extrêmes, tels que les inondations, qui engendrent de nombreux impacts sur les milieux naturels et sur les sociétés, en favorisant notamment la survenance d’événements dommageables dans différents territoires urbanisés. Selon le rapport du GIEC, une augmentation des températures de +1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels devrait être atteint en 2030 en France, soit 10 ans plus tôt que la précédente prévision. Les températures pourraient augmenter de 3,3 à 5,7°C à l’horizon 2050 dans les scénarios les plus pessimistes, et cette évolution va entraîner une modification des régimes hydrologiques, donc accroître l’hétérogénéité des inondations. En France métropolitaine, 4 catégories d’inondation sont à distinguer (inondations par débordement, inondations par remontées de nappes, inondations par ruissellement et crues à cinétique rapide)

Vu la diversité des configurations du pays, des inondations peuvent survenir tous les ans mais à des endroits différents et avec des formes variables. Beaucoup de citoyens sont exposés à ces inondations, à cause d’un étalement urbain dans les zones inondables ou d’un manque de précaution dans les zones à risque. 17 millions de résidents et 9 millions d’emplois sont exposés aux inondations et la réglementation a eu du mal à limiter cet étalement. Pourtant, une partie des citoyens occultent encore aujourd’hui ce risque, en priorisant d’autres logiques, ou en vivant comme si celui-ci n’allait jamais se produire (déni du risque).

Éléments de problématique

Dans ce contexte, plusieurs besoins ont été identifiés. Dans un premier temps, il faudra analyser les documents existants de cartographie du risque inondation pour déterminer la forme finale des limites des zones. En effet, les plans (PPRN, PPRI) et les documents cartographiques (AZI, ZICH et EAIP) publiques sont nombreux et ne sont pas homogènes. Les zones inondables sont produites selon différentes échelles et méthodes de création. De plus, ces cartographies englobent l’ensemble des inondations, alors que celles-ci ont des cinétiques, des hauteurs et des vitesses différentes.

Une autre partie de la thèse se focalise sur l’acceptabilité du risque inondation, et l’apport de la cartographie dans cette perception. Nous souhaitons qualifier la prise en compte de ces risques dans le comportement des habitants ainsi que dans la mise en place de politiques publiques. D’ailleurs, le niveau de connaissance de la population sur les risques et les recommandations dépendent de la communication élaborée autour de ces politiques publiques. De plus, dans le contexte du changement climatique, nous nous questionnons sur les évolutions des risques et des comportements, que ce soit des particuliers ou de l’État.

Hypothèses de recherche

Nous émettons quatre hypothèses qu’il faudra vérifier durant les recherches doctorales :

Hypothèse 1

Des supports cartographiques clairs et pédagogiques permettent de mieux visualiser les risques dans un environnement (pour les individus).

Hypothèse 2

Le numérique permet de mieux communiquer sur les risques et de rapprocher les élus de leur territoire (liens avec les administrés).

Hypothèse 3

Le foisonnement des données cartographiques et les difficultés liées à leur publicisation sont un frein à la prise en compte du risque inondation.

Hypothèse 4

La multiplication des inondations va imposer des choix radicaux (sur le degré de risque à accepter) et des contraintes (pour les politiques publiques).

Sites pilotes

Vu la diversité des inondations et les nécessaires changements d’échelle à opérer, il faut diversifier les terrains d’expérimentation et les contextes à étudier. Dans l’état actuel des discussions, 40 “sites-pilotes” ont été sélectionnés. Ces sites ont connu un taux d’artificialisation de plus de 5% entre 2009 et 2021 par rapport à leur surface communale et sont soumis à un Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI).

Thèse : communes soumises à un Plan de Prévention du Risque Inondation

Résultats attendus

Ces recherches aboutiront à la construction d’une démarche reproductible, partout et pour tous les risques naturels présents sur le territoire métropolitain. De plus, nous élaborerons une approche multi-critères de prospective sur l’évolution des agissements humains face aux risques engendrés par le réchauffement climatique qui convergera vers diverses cartographies des comportements résidentiels.

La finalité de la thèse est de proposer un outil d’aide à la prise en compte des risques naturels dans la stratégie résidentielle des individus sur la plateforme Où-vivre. L’objectif est de fournir des ressources fiables de connaissances des risques à échelle fine sur l’ensemble du territoire métropolitain en créant une cartographie de l’aléa inondation à destination de grand public mais aussi une cartographie pondérée des risques en fonction des seuils d’acceptabilité de ceux-ci.